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ETES-VOUS UN SALE CON ?

vendredi 6 avril 2007

Un(e) sale con(ne) en cachera-t-il toujours un(e) autre ?

Et une nouvelle histoire avant le week-end…


Remarque liminaire :
pour des raisons de facilités d’écriture, il ne sera par la suite question que de « sales cons » au masculin. Je tiens à préciser que certains de ces sales cons étaient (ou sont) des « sales connes »...

Dans mon entreprise, depuis dix ans, c’est la valse des « hiérarchiques ».
Cela a commencé lorsque le nouveau directeur de département (que, pour la suite de l’histoire nous appellerons SC1, sale con n° 1) a considéré qu’il ne pouvait pas manager « en direct » tout son petit monde, comme c’était le cas précédemment. Il a donc nommé des chefs de service qui, rapidement, pour certains, se sont révélés être des « sous-sales cons ».
Pourquoi ? Premièrement, parce qu’ils n’avaient aucune légitimité d’encadrement, en tout cas pas de légitimité interne, si ce n’est celle de former la « garde prétorienne » du directeur de département.
Deuxièmement, parce que, dans une structure jusque-là peu hiérarchisée, avec une assez faible division du travail, les nouveaux chefs de service ont dû justifier leur poste en « piquant » le travail de leurs subordonnés ou en dessaisissant ceux-ci d’une partie de ce travail, généralement la partie gratifiante, et en leur laissant les tâches subalternes. D’où frustration pour les dits subordonnés et impression de déqualification.

On peut donc en tirer une première règle de reconnaissance des sales cons en entreprise : c’est quelqu’un(e) qui vous dit « il n’y a pas de honte à faire ceci ou cela », sachant que ceci ou cela, c’est le boulot que l’on confie aux débutants et/ou aux stagiaires, et que lui, le sale con d’enfoiré, se garde le boulot chic (les relations avec l’extérieur, les fournisseurs ou les clients, par ex.).
Tout cela – et d’autres choses encore – fait que, après avoir échangé quelques noms d’oiseau avec « mon » « sous-sale con » (que je nommerai SC2), et que celui-ci ait accumulé un certain nombre de boulettes, coûteuses pour la boîte, il a choisi de démissionner avant qu’on ne le foute dehors.
Exit donc SC2 (qui, au passage, n’a pas réussi, par la suite à aller au-delà de sa période d’essai dans son nouveau job…). SC1 lui embraya le pas quelques semaines plus tard, mais, cette fois, vertement remercié.
Débarque un nouveau directeur, qui maintient l’organisation précédente, et commence par entretenir des rapports plutôt affables avec ses nouveaux subordonnés. Rapidement toutefois, le « nouveau » va devenir SC3.

Fort de ce qui suivra, je peux en tirer une deuxième règle de reconnaissance des sales cons en entreprise : le sale con se présente toujours, dans une premier temps, sous le meilleur jour. Mais, chassez le naturel, etc., vous connaissez la suite. À se demander si, pour bien travailler avec quelqu’un, on n’aurait pas intérêt à se fritter « sévère » dès le départ avec lui en se disant qu’après, cela ne peut que mieux se passer…
Corollaire : en quelques mois, SC3 m’a rendu SC1 presque sympathique (« On sait ce qu’on perd, etc. »). Là où SC1 défendait ses troupes et montrait de l’empathie à leur égard, SC3 se la jouait totalement « perso » : moi, mes résultats, mes chiffres et, donc, « ma-prime-à-moi ».
Sauf que, les résultats n’arrivant pas à remonter, on finit par faire comprendre à SC3 qu’il était temps d’aller voir ailleurs.
Vacance du pouvoir ; on respire un grand coup avant que ne débarque SC4.
SC4, bien sûr « super-sympa » les premiers temps (cf. supra), ouvert, réceptif, à l’écoute, et patin couffin. Mais SC4 qui, plutôt que de travailler en direct avec moi, finit par me mettre sous la coupe de SC5. Là je savais que c’en était un vrai (de sale con) ; restait à l’éprouver. Ce fut rapide : re-noms d’oiseaux (mais cette fois des beaux, des vrais !), harcèlement, agressivité, dénigrement, dénonciation à SC4 de faits réels – mais biaisés – et/ou imaginaires.
Bref, le pervers à donf, le modèle pour tous les disciples de Marie-France Hirigoyen, « modèle » que l’on garde tant qu’il a des résultats (car, avec de telles techniques, on arrive à avoir des résultats).

Expérience qui me permet de tirer une troisième règle de reconnaissance des sales cons en entreprise : le sale con prototypique, c’est le spécialiste de la « double contrainte ». La personne qui vous dit de faire quelque chose tout en vous refusant les moyens pour l’exécution de cette tâche ou en vous reprochant d’avoir utilisé les moyens qu’elle vous avait proposés juste avant.
Éternel recommencement nietzschéen appliqué à l’entreprise : SC5 part, discrètement mais honorablement, la DRH ayant sous doute trouvé dans son « dossier » de quoi le convaincre d’envisager ce que l’on appelle maintenant pudiquement un « départ négocié ».

C’est aussi le moment de souligner que, pour ce qui est de la DRH, il est possible de créer une catégorie SCP (= sale con permanent, qui échappe à toute chronologie).
Et, par la même occasion, de tirer une quatrième et une cinquième règle de reconnaissance des sales cons en entreprise : le sale con fonctionne mieux à plusieurs ; le couple de sales cons fonctionne d’autant mieux qu’il reprend le vieux modèle « gentil flic / méchant flic ».

Pour revenir à mon histoire, aujourd’hui reste SC4, de plus en plus autoritaire, soufflant le chaud et le froid avec ses collaborateurs, préférant les cantonner dans des tâches déqualifiées (au cas où ceux-ci prendraient la grosse tête ou voudraient lui contester son autorité « intellectuelle » ; cf. règle 1 de reconnaissance des sales cons).
Jusqu’à quand ?
Car SC4 est, depuis peu, chapeauté par SC6, nouveau DG, cost-killer de première, qui lui mène une vie d’enfer… (Mais ça, c’est aussi une autre histoire, une histoire de phynances, et des pompes qui vont avec, dans le monde merveilleux des Grands Groupes Industriels Internationaux.)
Alors ? À suivre !

Conclusion (temporaire) : « Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît » faisait dire Michel Audiard à l'un des personnages des Tontons flingueurs.
J’ajouterai : « Les sales cons, quand on les reconnaît, c’est trop tard… »

3 commentaires:

Anonyme a dit…

règle supplémentaire : les cons c'est toujours les autres

FV a dit…

Encore mieux:
"Le temps ne fait rien à l'affaire
Quand on est con, on est con
Qu'on ait vingt ans, qu'on soit grand-père
Quand on est con, on est con
Entre vous, plus de controverses
Cons caducs ou cons débutants
Petits cons d'la dernière averse
Vieux cons des neiges d'antan."
Mais là n'est pas le propos...
Bien sûr qu'en entreprise comme ailleurs, comme n'a pas osé l'écrire Jean-Paul Sutton, "Les cons, c'est les autres."
Mais la question demeure entière: "Les sales cons, c'est ki?"
Et je ne veux pas entendre: "C'est celui kil dit ki yé!"
C'est tout pour aujourd'hui...

Moriah a dit…

This is great info to know.